Retour sur la Conversation éclairée : Servane Mouton et Laure Miller

le 13 février 2026
Le 10 février à 19h, le Laboratoire de la République organisait une nouvelle Conversation éclairée consacrée à une question devenue centrale dans le débat public : l’impact des écrans sur les enfants et les adolescents. Une rencontre nourrie, à la croisée des enjeux sanitaires, éducatifs et démocratiques.
Des regards croisés pour éclairer un enjeu de société Pour analyser les effets du numérique sur les plus jeunes, cette Conversation éclairée réunissait Serge Lameyton, médecin, neurologue et neurophysiologiste, ainsi que Laure Miller, députée de la Marne et auteure d’une proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs face aux réseaux sociaux. Les échanges étaient animés par Chloé Morin et Brice Couturier. Une première victoire législative, mais des limites persistantes Les intervenants sont revenus sur l’interdiction du téléphone portable au collège, instaurée en 2018. Cette mesure fait aujourd’hui consensus : elle constitue une avancée majeure, désormais appliquée dans la grande majorité des établissements.Pour autant, le constat est partagé : le problème ne s’arrête pas aux portes du collège. Une extension de cette interdiction au lycée a été évoquée, au regard des risques sanitaires et cognitifs toujours présents à l’adolescence. Dans cette continuité, une nouvelle proposition de loi, votée en première lecture à l’Assemblée nationale, ambitionne de fixer un cadre plus protecteur. Elle recommande l’absence de smartphone avant 13 ans et l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, en s’inspirant notamment du modèle australien. Des effets sanitaires désormais incontestables Les données scientifiques présentées lors de la discussion confirment l’ampleur des risques. Sur le plan physique, l’exposition prolongée aux écrans entraîne des troubles du sommeil liés à la lumière bleue, un risque accru de myopieet une sédentarité préoccupante, facteur de surpoids, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Sur le plan cognitif et psychologique, les effets sont tout aussi alarmants : troubles de l’attention, retards de langage chez les enfants de moins de trois ans, et augmentation de 4 % du risque de syndrome dépressif liée à l’usage des réseaux sociaux. Les performances scolaires se dégradent nettement au-delà de deux heures d’écran par jour. Plateformes numériques : une responsabilité structurelle Au cœur des échanges, la question du modèle économique des plateformes. Celles-ci reposent sur des techniques issues de la captologie, conçues pour capter l’attention et créer de l’addiction. Les algorithmes de recommandation enferment les utilisateurs dans des contenus toujours plus polarisants, souvent fondés sur les émotions négatives. Résultat : les jeunes passent en moyenne quatre à cinq heures par jour devant les écrans. Une exposition qui accentue également les inégalités sociales, les enfants issus de familles moins informées ou moins disponibles étant davantage livrés à eux-mêmes face au numérique. Un paradoxe éducatif de plus en plus visible Les échanges ont mis en lumière un paradoxe frappant : une hyperprotection des enfants dans l’espace physique, contrastant avec une forme de laisser-faire dans l’univers numérique. Cette contradiction se retrouve aussi à l’école, entre discours de prévention et usages pédagogiques du numérique parfois peu encadrés. Réguler : une nécessité qui divise Pour les défenseurs de la régulation, une règle collective est indispensable face à la puissance des plateformes, afin de dénormaliser des usages nocifs et de protéger la santé publique. La comparaison avec l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été régulièrement invoquée. Les objections portent principalement sur le risque de contournement, la liberté individuelle et la responsabilité parentale, avec un clivage politique marqué : une partie de la gauche se montre réservée, à l’exception notable des socialistes. Des pistes concrètes pour agir Plusieurs recommandations pratiques ont émergé : Moins de 6 ans : aucun écran 6 à 13 ans : pas de smartphone personnel 13 à 15 ans : smartphone sans réseaux sociaux À partir de 15 ans : accès à des réseaux sociaux dits « éthiques » À cela s’ajoutent des mesures structurelles : vérification obligatoire de l’âge, contrôle parental facilité, interdiction du scrolling infini, création d’un Conseil national d’éducation aux médias, et une éducation numérique pensée de la crèche à l’EHPAD. Des témoignages révélateurs La Conversation éclairée a également été marquée par des témoignages forts : une institutrice racontant voir des parents récupérer leurs enfants écouteurs aux oreilles, des élèves de CM1 capables de citer de nombreuses activités sans écran, ou encore ce collégien inquiet : « Que vais-je faire sans réseaux sociaux ? »Un témoignage familial a particulièrement résonné : « Mon frère ne joue plus avec moi depuis qu’il a un téléphone. » Une responsabilité collective à construire En conclusion, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une action coordonnée, combinant cadre légal, éducation, régulation des plateformes et responsabilisation collective des parents, de l’école et de la société. Une réflexion appelée à se poursuivre lors de la prochaine université d’été du Laboratoire de la République, les 28 et 29 août prochains. Retrouvez l'intégralité de la Conversation éclairée sur Youtube 👉 https://youtu.be/PhE-vRrTxEc

Tribune libre : Nos alliés, nos amis meurent. Et nous regardons ailleurs.

par Katell Faria le 23 janvier 2026
Alors que les Kurdes de Syrie, alliés historiques de l’Occident dans la lutte contre le terrorisme islamiste, sont aujourd’hui abandonnés à leurs ennemis, Katell Faria signe un texte de colère et de lucidité. Elle y dénonce le reniement moral et stratégique des puissances occidentales, le silence des médias et l’illusion dangereuse selon laquelle ce drame ne concernerait pas directement la France. Un appel à regarder en face une tragédie dont les conséquences nous rattraperont.
Depuis deux semaines, j’assiste impuissante, effondrée et consternée, au lâchage des Kurdes par les Occidentaux – les États-Unis en tête, et la France à leur suite – dans l’indifférence quasi généralisée des médias, des politiques et des peuples que cette tragédie concerne pourtant directement. Il y a dix ans, pendant la bataille de Kobané, les combattants kurdes des unités YPG-YPJ étaient nos héros : ceux qui, avec l’appui de la coalition internationale, avaient défait le terrorisme islamique dont les attaques, commanditées depuis Raqqa, nous frappaient jusque sur nos terrasses de cafés, nos stades et nos salles de concert. Nous souvenons-nous à quel point nous avions peur, alors ? À l’époque, nos journaux affichaient en couverture les yapajas, ces amazones à longues tresses qui mourraient pour un idéal fondé sur la démocratie, l’égalité des sexes, le respect des minorités et la laïcité. Un idéal qu’elles et leurs camarades masculins du YPG avaient construit en s’inspirant de l’Occident, dont elles admiraient nombre de penseurs et de valeurs. Aujourd’hui, nous les abandonnons aux mains de leurs pires ennemis, qui sont aussi les nôtres : les islamistes, téléguidés par la Turquie. Les voilà tristement éclairées sur ce que nous sommes devenus : des ingrats, des suiveurs, des lâches. Des gens aveugles et perdus. Sans épaisseur ni conviction profonde. Les islamistes, en plus d’être redoutablement intelligents, sont habités par une détermination absolue. Tacticiens autant que stratèges, ils ont une vision très claire de leur avenir et apprennent de leurs erreurs. Le califat de l’État Islamique a été anéanti en 2019 ? Peu importe : ils le ressusciteront d’une autre manière. Ce qu’ils n’ont eu par le djihad, ils l’obtiendront par la ruse et la taqîya, à l’usure, avec la bénédiction de cet Occident qu’ils honnissent. Cela prendra simplement plus de temps que prévu… À ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie ne concerne pas la France, je veux dire qu’ils se trompent gravement : ce n’est qu’une question de temps avant que la victoire de l’islamisme en Syrie ne galvanise les nombreux disciples qu’il compte sur notre territoire. À ceux qui invoquent le pragmatisme ou pire, revendiquent le cynisme, je veux dire qu’ils s’illusionnent s’ils pensent que la prise de pouvoir d’Al-Joulani dit Al-Charaa nous sera bénéfique sur le long terme : les gens comme lui nous haïssent pour ce que nous sommes, et notre abandon des Kurdes nous rendra encore plus méprisables à leurs yeux. À quoi nous servira que la Syrie soit prétendument unifiée, si elle est unifiée contre nous ? Pendant ce temps, les civils issus des minorités se pressent aux frontières, les djihadistes sortent des camps de détention, et les combattants kurdes sont massacrés. Nos alliés, nos amis meurent. Et nous regardons ailleurs. Honte à nous. Katell Faria dite « Kewê » est une écrivaine française engagée auprès des Kurdes de Syrie depuis 2018. Cette tribune est l’expression d’un cri de colère d'une actrice engagée sur le terrain. Sur cette photo prise en 2019, elle apparaît en deuxième position à gauche.

ICE au Minnesota : vers un laboratoire de l’autocratie ?

par Vincent Michelot le 27 janvier 2026
Au Minnesota, les opérations menées par l’agence fédérale ICE dépassent désormais la seule question migratoire. Entre raids spectaculaires, morts survenues lors d’interventions armées d'ICE, conditions de détention dénoncées et affrontements ouverts avec les autorités locales, l’Administration Trump semble tester les limites de l’État de droit. Et si cet État progressiste du Midwest était en train de devenir le terrain d’expérimentation d’un pouvoir exécutif sans contrepoids, un véritable « laboratoire de l’autocratie » ? Une analyse de Vincent Michelot, professeur d’histoire politique des États-Unis à Sciences Po Lyon.
ICE (Immigration and Customs Enforcement) est une agence fédérale qui dépend du Department of Homeland Security, un ministère créé en 2002 dans une réorganisation administrative qui faisait suite aux attentats du 11 Septembre 2001 pour unifier l’ensemble des services fédéraux chargés de la protection de la sécurité intérieure, des gardes côtes au cyberterrorisme en passant par le contrôle de l’immigration et des frontières. Comme toutes les agences fédérales aux États-Unis, sa visibilité dans la sphère publique et son importance sont étroitement liées aux priorités politiques du président et de l’administration en place. On le sait, Donald Trump, dès son premier mandat (2017-2021), avait mis le contrôle de l’immigration et l’expulsion des étrangers en situation irrégulière sur le territoire des États-Unis au cœur de son projet politique, notamment en proposant la construction d’un mur le long de la frontière avec le Mexique, mais aussi en conduisant une série de raids ou de rafles dans des communautés qui étaient soupçonnées d’abriter de nombreux immigrés illégaux. Lors du premier mandat de Donald Trump, ICE avait été au cœur du débat sur les « villes sanctuaires », ces municipalités dont les autorités refusaient toute forme de collaboration avec l’agence fédérale, qui était accusée de violations des droits civiques et d’application sélective de la loi, notamment par l’utilisation du profilage ethnique. Étaient aussi remises en question les méthodes brutales des agents de ICE (qui ne portent pas d’uniforme et circulent généralement dans des véhicules banalisés mais sont toujours surarmés, ce qui donne une image visuelle inquiétante de milice d’occupation), leur peu de respect pour les formes du droit et l’usage fréquent et disproportionné de la force dans le cadre de ses missions. Après une campagne électorale de 2024 dans laquelle Donald Trump avait focalisé l’attention sur la question de l’immigration illégale, avec notamment des propos injurieux et déshumanisants sur un certain nombre de communautés étrangères accusées « d’empoisonner » la nation américaine, il était logique que ICE soit confortée et renforcée dans le projet politique du deuxième mandat. Dotée aujourd’hui de presque 22000 agents, elle a vu son budget augmenter de plus de 2 milliards de dollars entre 2025 et 2026 (de 9,13 à 11,3 milliards USD). Depuis la prise de fonction de Donald Trump en janvier 2025, ICE a conduit un certain nombre d’opérations de grande ampleur, le plus souvent dans des grands centres urbains gouvernés par des maires démocrates et soupçonnés par l’Administration Trump d’abriter un nombre important d’immigrés en situation irrégulière, menant à Portland, Chicago, Memphis ou encore Washington à des confrontations à la fois avec la population et avec les autorités locales (municipalité, comté, État…). Si ICE est aujourd’hui au centre de l’attention, y compris internationale, c’est bien sûr en raison des deux décès récents dans le cadre de l’Opération Metro Surge dans le Minnesota et en particulier à Minneapolis mais aussi à cause des conditions dégradantes de détention des personnes arrêtées lors de ces raids dans des centres de rétention administrative où les récits de violences physiques, psychologiques et sexuelles, de menaces et de rétorsion vis-vis des détenus qui refusent d’être expulsés, de malnutrition et d’humiliations confirment une volonté de faire des États-Unis « un enfer » pour les immigrés illégaux. Le Minnesota n’a pas été ciblé par hasard. C’est un État à forte tradition progressiste dans une région des États-Unis qui est par ailleurs de plus en plus conservatrice. Son gouverneur, Tim Walz, a été le colistier de Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024 mais le facteur déclencheur de cette intervention massive de ICE a été la révélation de fraudes de grande ampleur aux prestations sociales dans lesquelles la communauté somalienne de l’État aurait été très impliquée. Face à un État parmi les plus généreux du pays en matière de couverture sociale et médicale et pointant du doigt des délits supposément commis par des immigrés en situation irrégulière, l’Administration Trump a saisi cette occasion de dénoncer ce qu’elle présente comme un État Providence dévoyé par des délinquants étrangers. Il s’agissait donc de faire du Minnesota un exemple, à la fois sur la thématique de la lutte contre l’immigration illégale et sur l’affirmation emphatique des pouvoirs illimités de l’exécutif fédéral. Le grand juriste américain Louis Brandeis, qu’on avait surnommé « l’avocat du peuple », avait au début du siècle eu cette belle formule pour qualifier l’inventivité politique des États fédérés, les qualifiant de « laboratoires de la démocratie. » Dans une forme de sombre inversion, on pourrait dire que l’Administration Trump tente de faire du Minnesota « un laboratoire de l’autocratie ». Cela se traduit concrètement par le refus de toute limite constitutionnelle ou juridique à l’action de ICE, qu’il s’agisse d’arrestations arbitraires, de fouilles et saisies qui s’opèrent sans mandat, d’utilisation disproportionnée de la force, de répression violente des manifestations ou tout simplement de tirs mortels. La différence dans le Minnesota par rapport à d’autres opérations de ICE tient au fait que l’Administration Trump utilise désormais systématiquement une rhétorique de l’hyperbole pour qualifier la résistance à ICE et justifier la violence létale de la réponse, en témoigne le recours très fréquent au terme de « terrorisme domestique » ou encore ce communiqué officiel du Department of Homeland Security dans lequel il est dit que Alex Pretti, qui venait d’être abattu de dix balles, avait l’intention de « massacrer » les agents de ICE. Si l’on ajoute que l’enquête sur la mort de Renée Good a de fait été préventivement bloquée, forçant à la démission un agent du FBI qui en était chargé, on fait là le constat d’une administration qui s’affranchit désormais de toute forme de contre-pouvoir et qui s’est, de fait, enfermée dans une logique inarrêtable de l’escalade de la violence. Comment pourrait-on en effet imaginer que dans les jours qui viennent Donald Trump retire les agents de ICE des rues de Minneapolis et mette fin à l’Opération Metro Surge ? Dans la réalité, en entretenant délibérément un climat d’affrontement et violence dans les rues de Minneapolis, Donald Trump crée un climat juridique dans lequel il pourra invoquer l’Insurrection Act de 1807, une loi qui permet au président des États-Unis d’utiliser l’armée pour des opérations de maintien de l’ordre intérieur et de fédéraliser (c’est-à-dire de placer sous son commandement) la garde nationale des États. On est donc bien au-delà d’un « simple » affrontement partisan, d’une confrontation somme toute assez traditionnelle entre un État fédéré progressiste et un État fédéral conservateur autour de la question des compétences respectives en matière de maintien de l’ordre et de contrôle de l’immigration ou encore d’une nouvelle tentative du président américain d’exercer contre ses adversaires politiques une forme de vindicte personnelle conduite par le bras armé de l’État, mais bien plutôt face à un projet autrement plus ambitieux de réécrire la constitution des États-Unis pour y installer la notion d’un « exécutif unitaire » sur lequel ne pourrait agir aucun frein ou contre-pouvoir. On le sait, cet exécutif unitaire se construit à partir d’un recours systématique à la notion « d’urgence », qu’il s’agisse de licencier des gouverneurs de la Réserve fédérale, de supprimer certaines agences fédérales ou d’en réduire de manière drastique le budget jusqu’à les rendre inopérantes, de s’affranchir des droits des accusés dans les arrestations et expulsions de personnes en situation irrégulière, de recours aux barrières douanières ou encore, dans le cas du Minnesota, de créer les conditions qui rendent possible l’instauration d’un état de siège. L’urgence, qu’elle soit économique, sanitaire, militaire ou de maintien de l’ordre est ce qui permet à l’administration de proposer une lecture de la Constitution et des lois dans laquelle l’exécutif n’est plus soumis aux mêmes exigences de responsabilité, de transparence et de protection des libertés individuelles. Cela signifie que l’opposition à ce que l’on pourrait qualifier de « coup d’État constitutionnel » ne peut venir que d’une forme d’étrange alliance entre un bloc progressiste aujourd’hui profondément divisé et un camp conservateur pour lequel l’Opération Metro Surge bat en brèche deux des convictions profondes de la droite étatsunienne : d’abord, lorsqu’ICE considère que le port d’une arme représente une menace grave et immédiate pour ses agents et justifie donc l’utilisation préventive de la force, y compris létale, elle se trouve en opposition frontale à l’un des droits fondamentaux dans la hiérarchie conservatrice, le port d’arme ; ensuite, les conservateurs américains ont toujours fait preuve d’une suspicion extrême vis-à-vis de toute forme d’intervention de l’État fédéral dans le domaine réservé des États fédérés, l’ordre public. Quand bien même il existe encore aujourd’hui un consensus très fort à l’intérieur du Parti républicain sur la question de l’immigration, les modalités pratiques de mise en œuvre d’une politique visant à arrêter puis à expulser massivement les personnes en situation irrégulière sur le territoire des États-Unis font l’objet de débats au Congrès et chez les élus locaux, un questionnement qui fragilise les Républicains dans la perspective des élections de mi-mandat de novembre 2026 et rend difficile toute forme de compromis sur les questions budgétaires. C’est pour cette raison qu’il faut prêter attention cette procédure judiciaire en cours dans laquelle un magistrat fédéral examine la constitutionnalité de l’Opération Metro Surge qui, pour certains juristes, contrevient au Dixième Amendement à la Constitution (1) et va à l’encontre de l’équilibre des pouvoirs entre fédéral et fédéré. Plus généralement, cette opération policière dans le Minnesota est à l’origine de multiples procédures judiciaires, notamment sur le respect des garanties fondamentales des justiciables. Quand bien même les juges n’interviendront qu’ex post facto, leurs décisions ne pourront que limiter la capacité d’action future de ICE à mener de telles opérations en bénéficiant préventivement d’une impunité ou d’une immunité totale. C’est alors dans la position de l’Administration Trump de respecter ces décisions, de faire appel, ou tout simplement de les ignorer que l’on jugera s’il y a encore un État de droit aux États-Unis. Dans le laboratoire de l’autocratie, il semble que toutes les réactions chimiques n’aient pas été anticipées. (1) Les pouvoirs non délégués aux États-Unis par la Constitution, ni prohibés aux États, sont réservés aux États respectivement, ou au peuple. Vincent Michelot est professeur d'histoire politique des Etats-Unis à Sciences Po Lyon. Crédit photo : Des agents de ICE arrêtent une personne près du lycée Roosevelt à l'heure de la sortie des classes, à Minneapolis, dans le Minnesota, le 7 janvier 2026. ©AFP - Kerem Yucel.

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