Auteur : L'équipe du Lab'

Retour sur l’anniversaire des 65 ans de la Constitution de la Vème République

par L'équipe du Lab' le 28 septembre 2023
Dans le cadre des travaux de sa commission « République démocratique », le Laboratoire de la République a organisé, ce 26 septembre 2023, une conférence débat à l’occasion du 65e anniversaire de la Ve République. Intitulée « Vème République : secrets de sa longévité et voies de la jouvence », cette conférence a permis à Jean-Michel Blanquer (président du Laboratoire de la République, ancien ministre, professeur des Universités), Noëlle Lenoir (membre honoraire du Conseil constitutionnel et ancienne ministre) et Alain Laquieze (professeur de droit public) d’évoquer le bilan de notre constitution, ses atouts et ses adaptations potentielles ou… nécessaires !
Animée par Jean-Michel Blanquer (président du Laboratoire de la République, ancien ministre, professeur des Universités), Noëlle Lenoir (membre honoraire du Conseil constitutionnel et ancienne ministre) et Alain Laquièze (professeur de droit public), cette conférence est revenue sur l’histoire de la Cinquième république, les secrets de sa longévité et les pistes à suivre pour l’améliorer. La Cinquième république célèbre ses 65ans et devient le second plus long régime de notre pays depuis la Révolution. Elle dépasse la durée des deux Empires (dix-huit ans pour Napoléon III et un peu plus de dix ans pour Napoléon Ier), la Monarchie de Juillet (règne de dix-huit ans de Louis-Philippe) ainsi que les anciennes Républiques (douze ans pour la IVème), hormis la IIIème (environ soixante-dix ans). Tous les régimes, près de dix-sept, un record, ont apporté leur contribution à l’édification finale d’un régime solide, capable de faire la synthèse entre tous les apports de l’histoire tourmentée des deux derniers siècles. C’est la fin d’années de déstabilisations et la réconciliation de la France avec elle-même. En dépit des projets marginaux et des revendications pour une nouvelle constitution, la constitution actuelle dure et se présente comme notre patrimoine historique et politique qu’il faut préserver. Définitivement stabilisée par la création du conseil constitutionnel en 1972, elle concilie liberté, valeurs démocratiques, garantie des droits et cohésion d’une société qui aspire au vivre-ensemble. I) Sur quels éléments reposent la stabilité de cette Vème République ? La légitimité et l’efficacité du régime sont le fruit :  Du compromis entre un parlement rationalisé et un président au-dessus des partis, moins dépendants d’eux directement comme c’était le cas sous les III et IVème République. A Bayeux, en juin 1946, le général de Gaulle traçait les grandes lignes de sa constitution idéale. Il y désignait le chef de l’État comme la « clef de voûte » des institutions, donc hors de la portée des tractations permanentes des assemblées. En 1958, la France a établi un système parlementaire mais a su faire face aux enjeux de l’époque (notamment la guerre d’Algérie) et corriger les défaillances constitutionnelles criantes de l’été 1940 ; Des circonstances favorables puisque nous n’avons pas connu de guerre ou d’invasion sur le territoire métropolitain. Or, la plupart des fois où que régimes sont tombés, ce fut le fait de la guerre (1814, 1815, 1870, 1940, 1958) ; De l’entente entre partis de droite et de gauche de l’époque, et l’influence du socialiste Guy Mollet, a été primordiale dans la construction de ce nouvel édifice institutionnel. Sans la bonne volonté de tous les partis, un consensus n’aurait pu être possible ; D'une  inspiration puisée aux sources de nos Lumières, Montesquieu (séparation des pouvoirs) et Rousseau (contrat social) ; Du référendum de septembre 1958 qui a donné une incontestable force au régime. Le peuple souverain a voté librement et  a décidé à 82,6 % d’accepter le projet du général de Gaulle ; Enfin, l’alternance a été essentielle dans la consolidation de la Cinquième république. Pourfendue des années durant par celui qui voyait un « coup d’état permanent » des gaullistes, la constitution sera pourtant défendue de façon intraitable par le président socialiste François Mitterrand qui, alors, prouvera sa souplesse et sa capacité d’adaptation. Dès son élection de 1981, il a pris la responsabilité de protéger la présidence et s’est avéré intransigeant quant à la défense des prérogatives présidentielles, surtout lors des cohabitations. Celles-ci, avec les alternances, sont devenues récurrentes (1981, 1986, 1988, 1993, 1997, 2002, 2012, 2017). Le pouvoir passait ainsi de l’Elysée à Matignon sans remettre en question le texte original de la Constitution, sans entraver les prérogatives du président et sans atteindre le rôle de la majorité parlementaire. II) Une souplesse unique dans notre histoire politique La souplesse de la constitution est son atout majeur. Les révisions constitutionnelles n’ont pas entamé son crédit, au contraire. Elle a subi des révisions et des changements constants sans perdre sa singularité. Entre 1960 et 2008, elle a été amendée à vingt-quatre reprises. Globalement, cela signifie que 66 articles ont été réécrits ou modifiés. La première d'entre elle est celle qui redessine complètement la face du pays puisque c’est la volonté de faire élire le président au suffrage universel direct et non plus par un collège de 80.000 grands électeurs. Marqué par l’attentat du Petit Clamart, De Gaulle a jugé ce changement indispensable pour assurer la continuité de la République. La décision a été adoptée par référendum le 6 novembre 1962 par 76,97 % des Français. Sur ses 65 ans d’existences, 18 des 24 réformes ont eu lieu ces vingt-cinq dernières années. En plus, il existe six réformes inachevées faute d’avoir été présentées au Congrès alors qu’elles avaient été votées dans les mêmes termes par les deux assemblées, ainsi que les dix-neuf projets sans suite (dont les six du mandat de François Hollande) qui n’ont pas été présentés aux Chambres. III) Des contestations qui existent Si le régime est fort et installé, la contestation existe et peut se résumer en trois points : Les rapports entre président et premier ministre tendent à fragiliser la constitution. Élu au suffrage universel direct, le président de la République n'est plus un acteur au-dessus de la mêlée et simplement arbitre. Il est le visage de l’État et le premier responsable aux yeux des Français. Cette implication du chef de l'exécutif a été renforcée avec la seconde modification majeure de la Constitution, le passage du septennat au quinquennat, ratifié par référendum, le 24 septembre 2000, sous la présidence de Jacques Chirac, à une très large majorité des suffrages exprimés (73,21 %). Depuis, le Premier ministre est souvent réduit à un rôle moindre alors qu’il est supposé gouverner  le pays et diriger la majorité ; Le régime démocratique est en crise de façon globale. La planète compte de plus en plus de pays dirigés par des régimes illibéraux ou autoritaires. Même dans nos sociétés, de nombreux citoyens pensent que la forme démocratique est dépassée et devrait être remplacée par un régime plus dur. Plus que la Cinquième république, c’est la forme démocratique qui est contestée ; Enfin, la société actuelle est très fragile. Le pessimisme ambiant conduit à une sorte de « désinstitutionnalisation », à la confusion des esprits et à la perte des valeurs communes. IV) Les pistes à suivre pour notre Constitution Bien qu’il soit convoqué fréquemment comme la solution miracle, il ne faut pas user et abuser du référendum. Mal utilisé, il peut nuire et transformer le vote en sanction contre celui qui pose la question. Pire, il peut projeter une image négative du pays comme ce fut le cas en 2005 lorsqu’après la victoire du « non » du référendum sur la constitution européenne, la France, fondatrice de cette Europe, était perçue comme « eurosceptique » ; Il faut appliquer la constitution dans son intégralité. A l’heure actuelle, nous n’utilisons pas toutes les possibilités et capacités du texte ; Envisager des réformes telles que la réduction de la durée du mandat des députés de façon à ce que leur élection ne soit plus alignée sur celle du Président et réformer le Sénat pour permettre aux territoires une meilleure prise représentation. VI) En conclusion Si la Vème République dure, ce n’est pas un hasard. Pensée par des esprits aussi brillants que ceux du général De Gaulle et Michel Debré, elle a permis de sortir de l’impasse de la IVème tout en garantissant les acquis des deux derniers siècles. Légitimée par des référendums, des révisions et des alternances, elle a montré une souplesse peu commune. S’il faut peut être mieux l’utiliser et prendre en compte les nouvelles aspirations démocratiques, il faut surtout la défendre. https://youtu.be/OdT5ObIVd48

Gilles Kepel, une conversation plus qu’éclairée pour « Prophète en son pays »

par L'équipe du Lab' le 21 septembre 2023
Mardi 19 septembre, pour sa 15ème "conversation éclairée", le Laboratoire de la République a reçu Gilles Kepel à l'occasion de la parution de son dernier ouvrage: "Prophète en son pays" aux éditions de l'Observatoire. Cette soirée passionnante a été animée par Marie Ameller et Brice Couturier.
Plus de 200 personnes sont venus écouter Gilles Kepel parler de son dernier ouvrage : "Prophète en son pays" aux éditions de l'Observatoire. Evènement à revoir sur notre chaîne Youtube : https://youtu.be/gfscnxDeT6s?feature=shared Conversation éclairée de Gilles Kepel pour "Prophète en son pays"

« L’avenir du travail et du dialogue social » avec M. Pénicaud et J.C. Mailly

par L'équipe du Lab' le 27 juin 2023
Mardi 20 juin, le Laboratoire de la République invitait Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail, et Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière à l'hôtel de l'Industrie pour débattre sur l'avenir du travail et du dialogue social.
Le mardi 20 juin 2023, le Laboratoire de la République, dans le cadre des travaux de sa commission République Sociale a organisé une conférence sur "l'avenir du travail et du dialogue social en France" à l'Hôtel de l'Industrie (Paris 6è). Un passionnant débat entre Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail et Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière a permis d'évoquer les grands enjeux du futur du monde du travail (l'impact des nouvelles technologies et notamment de l'Intelligence artificielle, l'égalité femme-homme, la formation, l'emploi des jeunes et des séniors, la transition écologique, l'importance de la négociation, le rôle des syndicats et ses relations avec les pouvoirs publics...) et de mettre en lumière des pistes d'amélioration au travers des témoignages et réflexions de deux grands acteurs du dialogue social. Edouard Tétreau, essayiste et entrepreneur, a modéré les échanges. Retrouver la captation en son intégralité sur notre chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=iBGjGB37ezU "L'avenir du travail et du dialogue social en France"

Jeudi 29 juin : « La laïcité pour aujourd’hui et demain »

par L'équipe du Lab' le 21 juin 2023
Jeudi 29 juin, la Commission République laïque du Laboratoire organise sa première conférence sur le sujet : "La laïcité pour aujourd'hui et demain".
Alors même qu’elle a été pensée et concrétisée comme le meilleur moyen de libérer les individus, la laïcité est désormais perçue, notamment chez les jeunes, comme un instrument de coercition qu’exerceraient sur eux les pouvoirs publics. Notre engagement en faveur de la laïcité doit nous conduire, d’une part à un réarmement intellectuel pour revivifier les fondements de l’esprit laïque et sa défense des trois Libertés, de conscience, de pensée et d’expression, et d’autre part, à réenchanter la laïcité. Cette première rencontre de la Commission « République Laïque » du Laboratoire de la République, marque le lancement de notre action et propose de réfléchir autour de trois tables rondes. Celles-ci interrogent des praticiens de terrains, élus, grands témoins tous acteurs de la promotion de la laïcité. Les échanges seront introduits par Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République, et modérés par Michel Lalande, haut fonctionnaire et référent de la Commission « République laïque » du Laboratoire. Nos tables rondes seront les suivantes : 1) La laïcité sur le terrain : Véronique Grandpierre : historienne et inspecteur d’Académie de Paris. Inspecteur pédagogique régional au rectorat de Paris. Référente académique laïcité et faits religieux pour Paris. Iannis Roder : professeur agrégé d’histoire en collège (Seine-Saint-Denis). Membre du Conseil des sages de la laïcité. 2) Les élus face aux enjeux de la laïcité : Caroline Yadan : députée de la 3ème circonscription de Paris. 3) De grands témoins - L'enjeu de la formation : Fahimeh Robiolle : ingénieure nucléaire iranienne, enseignante à Sciences Po et à l'ESSEC. Militante en faveur des femmes iraniennes et afghanes. Pierre-Henri Tavoillot : maître de conférences en philosophie et responsable du DU « référent Laïcité » à la faculté des lettres de Sorbonne Université. Les tables rondes seront suivies d’un dialogue avec la salle. Quand ? Jeudi 29 juin, 19h Où ? Maison de l'Amérique latine 217, Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Gratuit, inscription obligatoire Pour vous s'inscrire, cliquez-ici

Mardi 20 juin : Conférence-débat sur « l’avenir du travail et du dialogue social en France »

par L'équipe du Lab' le 12 juin 2023
Mardi 20 juin, le Laboratoire de la République vous invite à l'hôtel de l'Industrie pour débattre sur l'avenir du travail et du dialogue social avec Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail, et Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière.
Comment revitaliser le dialogue social au sein de l'entreprise ? Quelles perspectives pour un monde du travail en profonde évolution ? Le Laboratoire de la République donne la parole à Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail et Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière, à l'occasion d'une conférence-débat introduite par Jean-Michel Blanquer sur un thème d'une brûlante actualité : "L'avenir du travail et du dialogue social en France". Débat modéré par Édouard Tétreau, entrepreneur, chroniqueur et essayiste. Le débat sera suivi d'un moment d'échanges autour d'un cocktail. Quand ? Mardi 20 juin 2023 Où ? Hôtel de l'Industrie 4 place Saint-Germain-Des-Prés, 75006 PARIS Gratuit, inscription obligatoire Pour vous inscrire, cliquez-ici

Rencontre éclairante avec André Comte-Sponville

par L'équipe du Lab' le 12 juin 2023
Ce lundi 12 juin, Marie Ameller et Brice Couturier recevaient André Comte-Sponville pour une conversation éclairée autour de son dernier ouvrage "La clé des champs ou autres impromptus" aux éditions Puf.
Ce lundi 12 juin, Marie Ameller et Brice Couturier recevaient André Comte-Sponville pour une conversation éclairée autour de son dernier ouvrage "La clé des champs ou autres impromptus" aux éditions Puf. Différents sujets ont été discutés tel que la légalisation de l'euthanasie, le positionnement de l'auteur lors du premier confinement du à la Covid-19, le suicide de sa mère ou encore les différentes pensées des grands philosophes classiques. https://youtu.be/5pGmON_1MN4 Conversation éclairée d'André Comte-Sponville

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