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Retour sur la table ronde « Sport et neutralité »

le 2 avril 2025 table ronde neutralité
Le 20 mars dernier, la commission "République Laïque" du Laboratoire, animée par Michel Lalande, organisait un grand évènement autour du sport et de la neutralité à la maison de l'Amérique Latine. Retrouvez en vidéo l'intégralité de cette conférence.
Alors que la proposition de loi du sénateur LR de l'Isère Michel Savin visant à assurer le respect du principe de laïcité dans le sport a été adoptée en première lecture au Sénat, le 18 février dernier, le débat public a très vite glissé vers la seule question du port du voile, devenant ainsi aussi binaire que contreproductif. Le Laboratoire a souhaité à travers cette table-ronde apporter une voix de raison, montrant que le respect de la neutralité dans le sport est un enjeu qui dépasse largement la seule question du voile, instrumentalisée tant par l'extrême gauche au nom d'un concept dévoyé de liberté, que par l'extrême-droite qui y voit une opportunité de flatter les plus bas instincts populistes. Ce débat est fondamentalement faussé par une mauvaise compréhension du sujet en général, et de l'architecture du sport français en particulier. Chose qu'a démontré de manière limpide Médéric Chapitaux, sociologue spécialiste de la radicalisation dans le sport. La discussion a ensuite laissé la part belle aux témoignages de terrain : Quentin Fouquereau, journaliste infiltré dans un club de Ju-Jitsu brésilien, et Elisabeth Alonso, référente laïcité de la Fédération de Boxe ont pu fournir des éclairages précieux, nourris par une pratique régulière du terrain. Frédéric Thiriez, ancien président de la FFF a ensuite rappelé que ce n’était pas le principe de laïcité qui justifiait l’interdiction des signes politiques, religieux, syndicaux ou philosophiques sur le terrain de sport mais bien les valeurs universelles et fondamentales du sport telles qu’elles sont écrites dans la Charte olympique, qui interdit toute discrimination et qui pose le principe de l‘égalité absolue entre les hommes et les femmes. Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, a insisté sur cette idée que la "laïcité à la française" était contreproductive dans le domaine du sport. La France doit appliquer qu'appliquer strictement les valeurs pronées par la Charte Olympique, avant qu'elle ne soit mise sous pression par l'Iran qui a crée des exigences discriminatoires, et tordu l'idéal féministe. Enfin, Iannis Roder, enseignant d'histoire-géographie en Seine Saint-Denis et membre du conseil des sages de la laïcité, est revenu sur le concept d'évitement en milieu scolaire. Richard Senghor, haut fonctionnaire, a lui souligné que la notion de laïcité ne suffisait pas à répondre à tous les problèmes, et que la République disposait de nombreux outils, notamment juridiques, dont il fallait se servir. Il a aussi rappelé qu'il fallait relativiser le sujet : les clubs de sport qui posent problème restent largement minoritaires, et dans la plupart des cas, le problème réussi à être jugulé de manière satisfaisante. Retrouvez la vidéo en intégralité. https://www.youtube.com/watch?v=01ibvBjhLV8

Jeudi 20 mars : « Neutralité et sport : quelles perspectives ? »

le 6 mars 2025 Laboratoire de la République, #Laïcité, "Neutralité et Sport"
La proposition de loi du sénateur LR de l'Isère Michel Savin visant à assurer le respect du principe de laïcité dans le sport a été adoptée en première lecture au Sénat, le 18 février dernier. Son article premier dispose que "lors des compétitions départementales, régionales et nationales organisées par les fédérations sportives délégataires, leurs organes déconcentrés, leurs ligues professionnelles et leurs associations affiliées, le port de tout signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique ou religieuse est interdit aux acteurs de ces compétitions". En apparence, cette réponse légale règle donc de manière claire le malaise qui entoure la question du rapport problématique entre sport et neutralité. En apparence seulement, car comme l’ont montré les discussions électriques au Sénat, le chemin est encore long avant que cette décision ne trouve un ancrage serein dans le milieu du sport en France, et dans la société en général. Cette table ronde, animée par des experts de terrain, des universitaires, des présidents de fédération sportives et des hommes politiques, se propose de répondre aux nombreuses interrogations que la proposition de loi a fait resurgir. Que faire en cas de non-adoption de la loi à l’Assemblée ? Faut-il souhaiter une application généralisée à toute pratique sportive en club, au-delà des seules compétitions ? Cette loi porte-t-elle les graines d’une stigmatisation de l’islam ? Le durcissement des lois sur la neutralité est-elle le seul chemin envisageable pour un meilleur vivre-ensemble dans le sport ? Autant de questions qui demandent plus que jamais une parole raisonnée et tempérée par un rapport intime à la pratique du terrain, afin que le sport reste ce qu’il doit être : un formidable outil de vivre-ensemble, de partage et de solidarité. Informations pratiques : Quand ? jeudi 20 mars, 19h00 Où ? Maison de l'Amérique latine, 217 Bd. Saint-Germain, 75006 Paris Tarif : Gratuit Inscription obligatoire en ligne S'inscrire

Mercredi 19 février : Conversation éclairée avec Mona Jafarian

le 5 février 2025 Conversation éclairée de Mona Jafarian
Le mercredi 19 février à 19h30, la Maison de l’Amérique Latine accueillera Mona Jafarian pour une « conversation éclairée » animée par Brice Couturier et Chloé Morin. Cet événement sera l’occasion d’échanger autour des enjeux soulevés par l'ouvrage Je suis Iranienne et de comprendre les luttes qui secouent la société iranienne actuelle.
La lutte des femmes iraniennes pour leur dignité et leur liberté Les femmes iraniennes affrontent une lutte existentielle contre un régime théocratique oppressif qui limite systématiquement leurs droits fondamentaux. Depuis deux ans, le cri de ralliement « Femme, vie, liberté ! » a éclaté sur la scène internationale, symbolisant un soulèvement inédit face au pouvoir de Téhéran. Mais quelles réalités se cachent derrière ce slogan ? Qu’implique concrètement le quotidien d’une femme dans un tel contexte ? Un témoignage essentiel Dans son ouvrage Je suis Iranienne, publié aux éditions de l'Observatoire, Mona Jafarian, cofondatrice de l’association Femme Azadi, dévoile les récits poignants de douze femmes iraniennes. Ces voix courageuses exposent les restrictions et les dangers auxquels elles font face : montrer ses cheveux, chanter ou simplement serrer la main d’un homme peut mener à une incarcération, voire à une exécution. Ces femmes, qu’elles soient étudiantes, mères de famille, ou issues de lignées symboliques, refusent de se soumettre à la domination imposée par le clergé. Au péril de leur liberté et parfois de leur vie, elles revendiquent leur droit à la dignité. En tissant leurs témoignages avec ses propres réflexions, Mona Jafarian propose une plongée intime et percutante dans la société iranienne contemporaine. Son livre constitue à la fois un hommage vibrant aux femmes qui luttent pour leurs droits et un outil indispensable pour appréhender les dynamiques internes de cette révolte contre la dictature des mollahs. Quand ? Mercredi 19 février à 19h30 Où ? Maison de l’Amérique latine 217 bd St Germain, 75007, Paris Ciquez ici pour vous inscrire

La laïcité et la cohésion sociale : repenser le vivre-ensemble

par Pierre-Henri Tavoillot le 28 janvier 2025 PH Tavoillot
La question du vivre-ensemble est plus que jamais centrale dans les débats sociétaux français. Dans un contexte marqué par des fractures sociales et culturelles, la laïcité se présente comme un principe fondamental pour garantir l’unité nationale. Cette réflexion soulève des interrogations sur le respect des convictions individuelles et sur les moyens de renforcer la solidarité collective. Les actions publiques, ainsi que le rôle des institutions, sont essentiels pour préserver les valeurs républicaines et répondre aux défis actuels.
A l'occasion de la Conversation éclairée animée par Brice Couturier et Chloé Morin, Pierre-Henri Tavoillot a présenté son ouvrage "Voulons-nous encore vivre ensemble ?" (éditions Odile Jacob) Dans cet entretien, le Laboratoire de la République questionne l'auteur sur : la définition de la laïcité et son rôle dans le respect des convictions religieuses et le vivre-ensemble ; les actions menées en tant que référent laïcité pour la Région Île-de-France, avec des exemples récents de non-respect de ce principe ; l’efficacité des politiques françaises pour protéger la laïcité et le rôle possible de l’Union européenne dans sa promotion et enfin la crise du commun et les piliers nécessaires pour reconstruire le vivre-ensemble. Une réflexion sur les enjeux actuels de la cohésion sociale. https://youtu.be/YCUwr3ogjO8

P.-H. Tavoillot : « Voulons nous encore vivre ensemble ? »

le 24 janvier 2025 Conversation éclairée de Tavoillot
Le mardi 21 janvier, la Maison de l'Amérique latine a accueilli une nouvelle "Conversation éclairée" animée par Brice Couturier et Chloé Morin, qui ont invité Pierre-Henri Tavoillot pour présenter son ouvrage : Voulons-nous encore vivre ensemble ?" publié aux éditions Odile Jacob.
L'événement a donné lieu à une réflexion approfondie sur l'état de nos sociétés contemporaines, et notamment sur la question centrale du livre : la pertinence de vivre collectivement dans un monde où l'individualisme semble dominer. Pierre-Henri Tavoillot a abordé la montée de l'isolement, des égoïsmes et des conflits sociaux, tout en soulignant les dangers de l'enfermement identitaire et de la violence croissante. Il a évoqué, avec une acuité particulière, les effets de la crise du Covid-19, qui a suspendu la vie sociale et permis de mettre en lumière les fractures qui traversent nos sociétés. La crise sanitaire a en effet révélé une fragilité dans notre vie collective, jetant un doute sur sa valeur. Lors de cette période, les individus ont été amenés à s'interroger sur ce qui comptait vraiment pour eux, et un certain nombre de questions existentielle ont émergé. "Est-ce que la part des autres est encore indispensable ?" "Vaut-il encore la peine de vivre ensemble ?" Ces interrogations ont pris une dimension particulière en Europe, où l'esprit critique s'est amplifié, incitant chacun à repenser ses priorités, qu'il s'agisse de la consommation, des relations sociales, du travail ou de la politique. Le débat a également abordé la question de la laïcité en France, un sujet brûlant dans le contexte actuel, où les tensions autour de la place de la religion dans l'espace public et les principes républicains sont de plus en plus vives. Les échanges ont permis de remettre en perspective les enjeux de la laïcité, notamment en ce qui concerne son évolution dans une société de plus en plus pluraliste et marquée par des revendications identitaires. https://youtu.be/35I0XXdl-zk

Charlie Hebdo : « la République doit rester vigilante face aux menaces contre ses valeurs fondamentales »

par Marika Bret le 7 janvier 2025 Charlie Hebdo - 10 ans après
Dix ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, Marika Bret, ancienne DRH du journal, revient sur cet événement tragique et les défis toujours actuels autour de la laïcité, de la liberté d’expression et de l’unité républicaine.
Laboratoire de la République : Dix ans après l'attentat contre Charlie Hebdo, pourquoi est-il encore essentiel d'en parler aujourd'hui ? Marika Bret : Ces commémorations sont primordiales. Elles servent à rendre hommage aux talents extraordinaires que nous avons perdus et à rappeler pourquoi ces tragédies ont eu lieu. Si nous ne comprenons pas les causes de ces événements, nous n'avancerons pas. Le 7 janvier 2015, c'était la conséquence d'une longue période de refus collectif de voir que nos valeurs et principes démocratiques étaient menacés. Charlie Hebdo avait alerté à maintes reprises sur la remise en cause de la laïcité et sur les attaques contre la liberté d'expression. Ces principes ne sont pas des évidences ; ils doivent être défendus constamment. Laboratoire de la République : Quels éléments ont précédé et conduit à ces attentats ? Marika Bret : Avant même les attaques, le journal était dans une grande solitude. Les locaux ont été incendiés avec deux cocktails Molotov en 2011 et le site du journal a été piraté, et notre critique de l’islam comme dogme religieux suscitait une hostilité intense. Charlie Hebdo a toujours critiqué les religions, qu’il s’agisse du catholicisme ou de l’islam. Mais la montée de l’islamisme, une idéologie totalitaire et mortifère, a conduit à une incompréhension et à des accusations infondées d’islamophobie. L'usage abusif de ce terme a façonné un climat où la critique des dogmes religieux était assimilée à du racisme, alors que le journal s’est toujours battu contre toute forme de discrimination. Si, en 2006, lors des procès des caricatures de Mahomet, tous les médias avaient publié ces dessins, cela les aurait rendus banals. Malheureusement, Charlie Hebdo était seul, et cette solitude a contribué à l’escalade qui a culminé avec l’attentat. Laboratoire de la République : Depuis ces événements, le niveau d’alerte a-t-il changé ? Marika Bret : Sur le plan militaire, des avancées ont été réalisées contre des organisations comme Daesh. Mais l’idéologie reste présente, notamment dans les têtes. Les attentats de masse ont diminué, mais la menace s’exprime différemment, par un travail de sape identitaire et antirépublicain. Ces discours, bien que minoritaires, sont souvent les plus bruyants. Il est essentiel de réaffirmer nos valeurs pour les contrer. Laboratoire de la République : Quel message souhaitez-vous transmettre à la jeunesse sur la laïcité ? Marika Bret : Il est crucial de rappeler que la laïcité garantit l’égalité entre tous, quelle que soit la religion. Malheureusement, certains jeunes sont persuadés qu’elle les stigmatise ou les empêche de pratiquer leur culte. Ce malentendu les place en opposition avec la République. Lorsqu’on explique clairement la laïcité, la liberté d’expression et l’égalité, la majorité comprend et adhère. Mais il reste une minorité influencée par des discours extrémistes. Les enseignants ont un rôle clé, mais ils doivent être soutenus. Quand des professeurs sont menacés ou insultés pour avoir respecté la loi, cela traduit un problème profond. Samuel Paty et Dominique Bernard ont payé de leur vie pour avoir transmis ces principes républicains. Il faut renforcer la protection fonctionnelle et offrir un appui clair et solide à nos enseignants. Laboratoire de la République : Vous parlez souvent de la « liberté de rire ». Peut-on rire de tout ? Marika Bret : Oui, on peut rire de tout, mais il faut se demander pourquoi. Le rire peut briser les tabous, éclairer des sujets graves et provoquer la réflexion. Par exemple, on peut traiter de la Shoah dans un dessin humoristique si cela vise à dénoncer l’horreur ou à combattre les discours négationnistes. Mais si le but est de banaliser ou de soutenir ces atrocités, cela devient inacceptable. Le dessin de presse a ce pouvoir unique de nous heurter, de nous faire rire et de nous faire réfléchir. C’est une arme puissante, mais elle n’est pas acceptée partout. Dans de nombreux endroits du monde, le rire est strictement limité par des interdits. Laboratoire de la République : Un dernier message ? Marika Bret : Ces commémorations suscitent en moi un mélange de chagrin et de colère. Nous avons perdu des êtres exceptionnels, et certaines trahisons politiques n’ont fait qu’accentuer ce sentiment. Pour lutter contre les extrémismes et réaffirmer nos principes républicains, il faut être précis, cultivé et intransigeant.

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